Cotisations TNS : calcul et montants 2026
Comment calculer vos cotisations TNS ? Méthodes, taux, assiettes et exemples concrets pour indépendants, EI, EURL et SASU.
Qu'est-ce qu'un TNS et comment se calculent les cotisations ?
Le travailleur non salarié (TNS) désigne tout dirigeant ou indépendant qui ne relève pas du régime général de la Sécurité sociale. Contrairement aux salariés, les TNS cotisent sur la base de leurs revenus professionnels et non d'un salaire fixe.
Le calcul des cotisations TNS dépend avant tout de votre statut juridique et de votre assiette sociale (base sur laquelle s'appliquent les taux de cotisations). Pour estimer rapidement vos charges selon votre situation, le simulateur de charges sociales vous donnera une estimation personnalisée.
Qui est concerné par les cotisations TNS ?
Le statut de TNS s'applique automatiquement à plusieurs catégories de professionnels :
- Les micro-entrepreneurs (anciennement auto-entrepreneurs)
- Les entrepreneurs individuels (EI) au régime réel
- Les gérants majoritaires de SARL (détenant plus de 50% des parts)
- Les gérants associés uniques d'EURL
- Les artisans, commerçants et professions libérales non salariés
À l'inverse, les présidents de SAS/SASU et les gérants minoritaires ou égalitaires de SARL sont assimilés salariés : ils relèvent du régime général et non du statut TNS. Le choix de votre structure juridique impacte donc directement votre protection sociale et vos cotisations. Pour comparer les options, consultez le simulateur de statut juridique.
L'assiette de calcul : sur quels revenus cotisez-vous ?
Le principe général : les cotisations TNS se calculent sur votre revenu professionnel net, mais la définition varie selon votre régime.
Micro-entreprise : calcul sur le chiffre d'affaires
En micro-entreprise, tout est simplifié. Les cotisations s'appliquent directement sur votre chiffre d'affaires encaissé, avec des taux forfaitaires selon votre activité :
| Type d'activité | Taux de cotisations 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises | 12,3% du CA |
| Prestations de services commerciales (BIC) | 21,2% du CA |
| Prestations de services et professions libérales (BNC) | 25,6% du CA |
Ces taux intègrent l'ensemble de vos cotisations sociales (maladie, retraite, allocations familiales, CSG-CRDS). Si vous bénéficiez de l'ACRE, ces taux sont réduits de moitié la première année. Vérifiez votre éligibilité avec le test ACRE.
Attention aux plafonds : en 2026, le régime micro s'applique jusqu'à 203 100 € de CA pour les activités de vente, et 83 600 € pour les prestations de services.
Régime réel : calcul sur le bénéfice
Pour les entreprises individuelles au régime réel ou les gérants majoritaires de SARL/EURL, l'assiette sociale correspond à votre bénéfice net fiscal, auquel on ajoute certaines cotisations facultatives et duquel on déduit d'autres éléments.
Concrètement :
Assiette sociale = Bénéfice net comptable - Cotisations sociales obligatoires + Cotisations facultatives (Madelin, PER)
Cette méthode crée un effet de boucle : vos cotisations dépendent de votre bénéfice, qui dépend lui-même de vos cotisations déductibles. C'est pourquoi l'URSSAF utilise un calcul itératif complexe.
Les taux de cotisations TNS en 2026
Les cotisations TNS se décomposent en plusieurs postes obligatoires :
Décomposition des cotisations
- Maladie-maternité : environ 6,5% jusqu'au plafond de la Sécurité sociale (PASS), puis 6,5% au-delà
- Indemnités journalières : 0,85% (artisans-commerçants uniquement)
- Retraite de base : 17,75% jusqu'au PASS
- Retraite complémentaire : 7% jusqu'au PASS, puis 8% entre 1 et 4 PASS
- Invalidité-décès : 1,3% jusqu'au PASS
- Allocations familiales : 0% jusqu'à 0,75 PASS, progressif jusqu'à 3,10% au-delà de 1,4 PASS
- CSG-CRDS : 9,7% sur la totalité du revenu (+ une fraction du CA pour les micro-entrepreneurs)
- Formation professionnelle : contribution forfaitaire annuelle (de 58 à 295 € selon l'activité)
Taux global moyen : entre 40% et 45% du revenu net pour un revenu standard, avec des variations selon le niveau de rémunération.
Ces taux s'appliquent sur votre assiette sociale, d'où l'importance de bien déterminer cette base de calcul.
Exemples de calcul concrets
Exemple 1 : Micro-entrepreneur en prestations de services
Vous facturez 40 000 € de CA annuel en prestations de services BNC (consultant indépendant).
Cotisations sociales = 40 000 € × 25,6% = 10 440 €
Vous payez ces cotisations mensuellement ou trimestriellement, au fur et à mesure de vos encaissements. Votre revenu net avant impôt sur le revenu est d'environ 29 560 €.
Exemple 2 : Entrepreneur individuel au régime réel
Vous êtes consultant en EI au régime réel avec 80 000 € de bénéfice comptable.
Calcul simplifié :
- Bénéfice comptable : 80 000 €
- Cotisations sociales estimées (environ 43% en première approche) : 34 400 €
- Bénéfice net fiscal : 80 000 - 34 400 = 45 600 €
- Assiette sociale réelle : environ 45 600 €
- Cotisations réelles (43% de 45 600) : 19 608 €
- Ajustement itératif jusqu'à convergence : cotisations finales ≈ 24 000 €
Dans la réalité, ce calcul est automatisé par l'URSSAF, mais il illustre la complexité du système au régime réel.
Exemple 3 : Gérant majoritaire SARL avec rémunération
Vous vous versez 50 000 € de rémunération annuelle en tant que gérant majoritaire.
Cotisations sociales ≈ 50 000 € × 43% = 21 500 €
Ces cotisations sont déductibles du résultat de votre SARL. Votre coût total de rémunération pour la société est donc de 71 500 €.
Le calendrier et le paiement des cotisations
Le système de paiement diffère selon votre régime :
Pour les micro-entrepreneurs
Paiement mensuel ou trimestriel de vos cotisations, calculées sur le CA réellement encaissé. Déclaration en ligne obligatoire via le site de l'URSSAF, même en cas de CA nul.
Pour les TNS au régime réel
Le paiement s'effectue selon un système provisionnel avec régularisation :
- Cotisations provisionnelles : versements mensuels ou trimestriels calculés sur les revenus N-2, ou sur une base forfaitaire en début d'activité
- Régularisation : une fois votre revenu réel connu (généralement après votre déclaration fiscale), l'URSSAF recalcule vos cotisations exactes
- Ajustement : vous recevez un appel ou un remboursement selon l'écart entre provisionnement et réalité
Cette méthode provoque parfois des décalages importants, surtout en cas de forte variation de revenus d'une année sur l'autre. Vous pouvez demander une modulation de vos cotisations provisionnelles si vous anticipez un revenu très différent.
Optimiser ses cotisations TNS légalement
Quelques leviers pour maîtriser vos charges sociales :
- Arbitrer rémunération/dividendes en SARL : les dividendes au-delà de 10% du capital social sont soumis aux cotisations TNS, mais pas la part en-dessous. Attention, les dividendes ne génèrent pas de droits à la retraite
- Utiliser les dispositifs d'épargne retraite : les cotisations Madelin ou PER augmentent votre assiette sociale mais sont déductibles fiscalement
- Adapter votre statut juridique : passer en SASU pour être assimilé salarié, ou rester en micro-entreprise si votre CA le permet
- Profiter de l'ACRE : réduction de 50% des cotisations la première année pour les créateurs éligibles
- Optimiser vos charges déductibles au régime réel pour réduire votre bénéfice imposable
En résumé
- Les cotisations TNS se calculent soit sur le chiffre d'affaires (micro-entreprise, taux forfaitaires de 12,3% à 25,6%), soit sur le bénéfice net (régime réel, taux global de 40-45%)
- Tous les indépendants ne sont pas TNS : seuls les micro-entrepreneurs, EI, gérants majoritaires de SARL et EURL sont concernés, contrairement aux dirigeants de SAS/SASU
- Le paiement s'effectue mensuellement ou trimestriellement, avec un système de régularisation au régime réel qui peut créer des décalages importants
- L'optimisation passe par le choix du statut, l'arbitrage rémunération/dividendes et l'utilisation des dispositifs d'épargne retraite déductibles